Revenir à soi par le yoga : pourquoi ralentir ne suffit pas toujours
Ralentir ne signifie pas forcément revenir à soi
Nous passons une grande partie de nos journées tourné·es vers l’extérieur : les sollicitations, les écrans, le travail, les autres, les décisions à prendre, les choses à organiser.
Lorsque tout cela s’arrête enfin, il n’est donc pas étonnant que l’attention ne revienne pas instantanément vers l’intérieur.
On peut être parfaitement immobile tout en continuant à anticiper, analyser, organiser ou ressasser.
C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles la méditation peut parfois sembler difficile. On s’assied avec l’intention de se poser et, quelques secondes plus tard, le mental est déjà parti ailleurs.
Cela ne signifie pas que l’on ne sait pas méditer ou que l’on est incapable de ralentir.
Peut-être avons-nous simplement besoin d’un chemin pour passer progressivement du dehors au dedans.
Passer par le corps plutôt que demander au mental de se calmer
Dans le yoga que j’enseigne, je ne commence pas par demander au mental de faire silence.
Je propose d’abord au corps de bouger.
Des mouvements relativement simples permettent à l’attention de rencontrer quelque chose de concret : un appui, une direction, une amplitude, une sensation, le rythme d’une respiration.
La posture n’est alors pas une forme qu’il faudrait réussir ou reproduire parfaitement. Elle devient un moyen d’explorer une fonction du corps et de la colonne vertébrale : ouvrir, fermer, tourner, étirer latéralement.
Progressivement, le mouvement peut devenir moins extérieur.
On ne cherche plus seulement à savoir ce qu’il faut faire, mais à percevoir comment on le vit.
Quelle amplitude est juste aujourd’hui ?
À quel moment l’effort devient-il trop important ?
Puis-je rester engagé·e sans me crisper ?
Puis-je conserver de l’espace tout en restant présent·e ?
C’est notamment ce que nous explorons à travers sthira et sukha, deux qualités fondamentales de la pratique du yoga : trouver à la fois de la stabilité et de l’aisance, de l’engagement sans rigidité, de l’espace sans dispersion.
Quand le souffle devient un fil conducteur
Dans ma pratique, le mouvement est constamment mis en relation avec la respiration.
J’utilise notamment Ujjāyī, une respiration profonde et consciente qui accompagne les mouvements et devient progressivement un fil conducteur de l’attention.
Le souffle ne vient pas simplement s’ajouter à la posture.
Il participe à la manière dont celle-ci est vécue.
Un mouvement d’ouverture peut être accompagné par l’inspiration. Un mouvement de fermeture, une torsion ou un étirement latéral peuvent être nourris par l’expiration.
Petit à petit, il devient possible d’être moins préoccupé·e par la forme extérieure du mouvement et davantage attentif·ve à ce qui se passe à l’intérieur.
La posture donne une direction. Le souffle nourrit la fonction. La présence permet d’en faire l’expérience.
Pourquoi répéter les mêmes mouvements ?
Dans beaucoup de situations de notre quotidien, répéter peut sembler synonyme d’ennui.
Dans une pratique de yoga, la répétition peut au contraire ouvrir un espace.
Les premières fois que nous réalisons un mouvement, une grande partie de notre attention est occupée à comprendre : où placer les pieds, comment bouger les bras, quand inspirer, quand expirer…
Puis le mouvement devient progressivement plus familier.
Nous avons moins besoin de réfléchir à son exécution.
Et quelque chose devient alors disponible.
La répétition libère de l’attention.
Cette attention peut se déplacer vers la respiration, les sensations, les appuis, la qualité de l’effort ou encore les réactions du mental.
Un même mouvement peut ainsi être vécu plusieurs fois sans être véritablement identique.
On peut modifier légèrement une amplitude, allonger une expiration, observer une tension, choisir de ne pas aller plus loin ou, au contraire, sentir qu’il existe aujourd’hui davantage d’espace.
La pratique devient progressivement moins une succession de choses à accomplir qu’une expérience à observer.
Du mouvement vers une présence plus intérieure
C’est ce passage qui m’intéresse particulièrement dans le yoga.
Au début, l’attention peut avoir besoin du mouvement.
Puis elle peut s’appuyer davantage sur le souffle.
À mesure que le corps connaît le chemin et que la respiration devient plus présente, il devient parfois possible d’enlever progressivement certains supports.
Mouvement → souffle → attention → présence.
C’est une manière d’approcher l’intériorité sans exiger immédiatement l’immobilité.
Et lorsque le mouvement s’arrête finalement, il reste encore quelque chose à explorer.
Une pensée apparaît. Un bruit attire l’attention. Une sensation change. Une émotion peut surgir.
Le travail n’est pas d’empêcher tout cela d’exister.
Il consiste plutôt à remarquer que l’attention est partie… puis à revenir.
Sans commentaire. Sans jugement.
Une fois. Puis encore une fois.
Revenir à soi est aussi quelque chose qui s’entraîne
Nous imaginons parfois que la présence devrait arriver spontanément dès que nous décidons de ralentir.
Mais rester en relation avec son corps, son souffle et ce qui se passe intérieurement demande aussi de l’attention.
Et cette attention peut être cultivée.
Non pas pour devenir parfaitement concentré·e ou ne plus avoir de pensées, mais pour développer progressivement la capacité à remarquer que l’on s’est éloigné·e de soi et à retrouver le chemin du retour.
C’est peut-être cela, finalement, revenir à soi.
Non pas atteindre une sorte de calme idéal, mais devenir suffisamment disponible pour entendre ce qui est là, sentir ses propres limites, reconnaître ses appuis et choisir, à nouveau, où déposer son attention.
Revenir à soi n’est pas nécessairement quelque chose que l’on sait faire spontanément.
C’est aussi quelque chose qui peut s’entraîner.
Envie d’en faire l’expérience à Bruxelles ?
Le samedi 26 septembre, je propose au Studio Joji à Saint-Gilles un atelier de yoga de 2h30 consacré précisément à cette exploration.
Reprendre sa place nous permettra de prendre davantage de temps que dans un cours hebdomadaire pour répéter, observer et approfondir quelques mouvements simples guidés par le souffle.
Progressivement, nous irons du mouvement vers la respiration, puis vers une présence plus intérieure et méditative.
L’atelier est accessible aussi bien aux personnes qui découvrent mon approche qu’à celles et ceux qui pratiquent déjà avec moi et souhaitent l’approfondir.
Reprendre sa place
Samedi 26 septembre 2026 · 15h–17h30
Studio Joji · 18 rue de la Glacière · 1060 Saint-Gilles, Bruxelles
59 € · matériel de yoga disponible sur place
Jusqu’au dimanche 20 septembre à 23h45 : 49 € avec le code ATELIER1.